http://torapamavoa.blogspot.com/http://otage2google.blogspot.com/Aujourd'hui commence notre second jour de silence.
Les perspectives d'une reouverture sont minces et si elles sont ;
elles sont eloignées dans le temps.
Quel impact ?
Moins visible moins visité mois visité moins visible moins vu moins visible.C'est la spirale qui nous attend si Google tarde trop à nous redonner le droit de poster dans notre blog.
-Le pagerank :notre Rank dans Google ce qui permet un affichage dans les premiers resultats sur certaines recherches, et de faire sortir Torapamavoa le blog dans les resultats.
Pagerank en rapport avec le nombre et la qualité de sliens pointant vers l'adresse http://torapamavoa.blogspot.com
-Wikio : le classement des blogs les plus influents en France mois par mois, sans post en rapport avec l'actu le nombre de visiteurs plongera inevitablement affectant notre page rank en definitive.Notre le mois dernier 90 classement Top blogs politique
-Technorati : sur une periode donnée le nombre et la qualité des liens donne une authority sur Technorati qui rend le blog visible.Visiteurs :Moins d'actu moins de visiteurs,moins de visiteurs moins de liens,moins de liens; moins visible etc..L'espace de libre expression, de relai des infos que les mass medias oublient de mentionner, les dossiers ,les reactions,les coups de gueules, les videos, les images...
Le rayonnement de notre blog a propulsé nombre de news ,a vulgariser l'info opaque ou morcelée a tenter de faire reflechir, rire, reflechir par la derision,sans compter nos implacables revues de presse et vos messages.
Nombre de sujets seraient tombés dans l'oubli sans votre/notre volonté de faire le plus de bruit possible sur les derives de Sarkozy depuis son poste au ministere de l'interieur jusqu'ici.
-Tout le travail fait autour de l'adresse http://torapamavoa.blogspot.com sera t il reduit à neant ?
-Est ce la fin du blog tel qu'on l'a connu ?
-L'outil ultime de recherche de casserole sur Sarkozy fin t il de terminer sa collecte ?
Les reclamations postées par nos utilisateurs comme les notres ne portent pas leur fruit au deuxieme jour du verrouillage de notre blog par blogger (herbergement de blogs par Google)...
J'entends dire et on nous suggere d epasser enfin sur une lateforme et un hebergement payant type .com+hebgergement et site type joomla...
Si nous avons choisi Myspace puis google ce n'est pas par exces de naiveté mais en toute connaissance de cause.
En effet, nous ecarter des plateformes tres frequentées nous pousse dans la marge, et cautionnerait le fait que nous soyons indesirables sur Blogger pour l'heure,nous ne l'envisageons pas.
Pourquoi entrer dans un processus paranoiaque ?
Cache rle whois ?
crypter les mails ?
Proxy ? Tor ? ip ...
RIEN N'EST ILLEGAL.
ALORS POURQUOI SE CACHER ?
Oui nous rions en choeur,oui nous reflechissons et agissons ensemble.
Oui le reseau est grand, oui les soutiens sont nombreux.
Oui nous creons.
Oui.
Autre chose que je note,
à l'epoque des mesanventures avec myspace, nous avions fini par avoir gain de cause en arrachant notre droit à etre sur ce site de reseau social...
Mais le mal etait fait malgré les plusieurs centaine de milliers de personnes qui ont pu voir et profiter de "Torapamavoa nicolas" notre premier morceau , Myspace nous avait mis assez de batons dans les roues pour nous ralentir et nous decredibiliser tout en creant une veritable diversion quant aux objectfs principaux de nos actions.
Depuis nos mesanventures avec myspace nous sommes rompus à ce genre de procédure,sous le pretexte d'incidents techniques inexplicables et exceptionnels (repetitifs et curieux à dire vrai), l'etau se ressere.
Pour l'heure,
cet etat de fait ne nous permet pas de soutenir le mouvement lyceen comme nous l'aurions souhaité, ni de preparer un premier mai digne de ce nm comme nous l'avions fait l'année passée.
Il semble que deux options subsistent apres examen minutieux de nos soucis avec Blogger.
Un script aurait declenché du spam et Blogger aurait classé notre blog Indesirable.
Ce qui parait tres improbale la structure de notre blog est fixe depuis plusieurs mois.
aucun aujout de script etrange.
Notre blog aurait été FLAGé , à savoir denoncé comme ayant un contenu indesirable, contrevenant aux CGU de Blogger(Google)
C'est aussi une partie de ce qui s'etait passé avec Myspace de l'aveu d'un technicien.
En somme une sorte d'attaque en regle.
C'est deprimant.
C'est fatiguant.
Lassant.
Usant.
Nous n'allons pas nous taire.
Muets, on nous prefere.
Isolés, on nous voudrait.
Dociles, on nous espere.
Nous n'allons pas nous laisser faire.
Mr Torapamavoa.
Nicolas Sarkozy s'exprimera la semaine prochaine au cours d’une interview télévisée. Convoqués à l'Elysée, cinq journalistes, sélectionnés pour leur combativité extrême, ne manqueront pas de poser les 13 questions qui fâchent. En exclusivité, notre envoyé très-très spécial à l'Elysée, nous livre un premier aperçu de ces questions, toujours en cours de rédaction. Action ou vérité ?
C’est décidé, cinq journalistes téméraires intervieweront Nicolas Sarkozy, au soir du 21 Avril. Patrick Poivre d’Arvor (TF1), David Pujadas (France 2), Véronique Auger (France 3), Yves Calvi (France 2, France 5, France Inter) et Vincent Hervouët (LCI) s’étriperont cordialement pour poser LA question qui fâche à notre Président. Au passage, ayons une pensée émue pour Mâme Chabot… au piquet pour avoir été jugée « trop molle » à la dernière sauterie. Cinq journalistes, donc, reporters de l’extrême, joueront leur carrière ce soir là. Ça passe ou ça casse. Inutile de rappeler aux participants qu’il vaut mieux éviter les formulations qui rappelleraient de trop près un « touche moi pas, tu me salis »… trop vulgaire et déjà fait !
Bref. Voici donc, en exclusivité, les 13 questions auxquelles Nicolas Sarkozy ne pourra pas échapper.
- Au sujet de l'affaire de UIMM / MEDEF : vous êtes au courant depuis 2004, vous étiez alors ministre de l'Economie et des finances, pourquoi vous être assis sur le dossier depuis tout ce temps ?
- Comment justifiez-vous le fait d'avoir demandé et touché votre salaire de ministre de l'Intérieur jusqu'à fin décembre 2007, alors que vous avez démissionné en mars 2007 ?
- Dans l'article du Nouvel Obs, évoquant votre hypothétique SMS à Cécilia, il était aussi indiqué que vous auriez qualifié les Français de "cons" dont vous n'aviez "rien à foutre". Est-ce vrai, et sinon, pourquoi n'avoir pas porté plainte aussi pour cette information là ?
- Le Canard Enchaîné à révélé que votre inscription sur les listes électorales parisiennes s'était faite de façon illégale et frauduleuse, le 3 janvier 2008. Personne, ni à l'Elysée ni à la Mairie, n'a démenti l'information. Vous n'avez pas non plus porté plainte. Est-ce donc vrai, et quelles sanctions pénales encourez-vous ?
- Vous vous êtes solennellement engagé, devant l'auditoire du CRIF, à "ne plus jamais serrer la main de quiconque ne reconnaîtrait pas Israël". Dans la liste des pays arabes, seuls l’Egypte et la Jordanie reconnaissent Israël. Peu de temps avant, vous aviez serré la main de Bouteflika, de Khadafi, de Musharraf, et de Siniora, entre autres... Allez-vous dorénavant systématiquement refuser de voyager en pays arabe ?
- Après avoir fait adopter par voie parlementaire le texte du Traité de Lisbonne, presque identique au Traité Constitutionnel Européen, vous vous apprêtez à supprimer de la Constitution Française le recours au référendum pour valider l'entrée de nouveaux pays dans l'Union Européenne. En quoi le vote du peuple vous fait-il si peur ?
- A Gandrange, vous affirmiez aux ouvriers menacés, en pleine campagne des Municipales, "Vous n'êtes pas seuls. On ne vous laissera pas tomber. Parce qu'un pays qui n'a plus d'usines est un pays qui n'a plus d'économie (...) Qui que ce soit qui soit propriétaire de l'usine, on est prêt à prendre à notre charge tout ou partie de l'investissement de modernisation". Vous ne l'avez pas fait, et le plan de licenciement massif est confirmé. Pourquoi ?
- Au soir du grand show de clôture du Grenelle de l'Environnement, vous avez clamé "Ce que j’ai dit ce soir, nous le ferons, et nous le ferons ensemble". La seule législation à être sortie, aujourd'hui, est la loi sur les OGM, qui contredit totalement les conclusions du Grenelle. Comment expliquez-vous que vos sénateurs et députés aient voté en sens contraire de vos promesses ?
- La police de proximité est de retour. Regrettez-vous certains de vos propos, pour le moins agressifs, que vous teniez à l'époque où vous l'avez dissoute ?
- Vous aviez affirmé, pendant la campagne électorale, que vous retireriez les forces françaises d'Afghanistan. Quels sont les éléments nouveaux qui vous ont amené à décider du contraire ?
- Lors de vos voeux à la Presse, vous avez dit "je mets au défi quiconque de trouver le mot 'collaborateur' dans un seul de mes écrits ou une seule de mes déclarations". Le défi a été relevé quelques minutes après votre boutade. Avez-vous un autre défi à lancer aujourd'hui ?
- Pendant la campagne présidentielle, vous affirmiez "La mondialisation ne peut en aucune manière justifier que l’homme et l’environnement soient sacrifiés aux intérêts de l’économie et du commerce". Or, votre ministre des Affaires Etrangères, Bernard Kouchner, vient de déclarer le contraire au sujet des droits de l'Homme en Chine : "Nous sommes aussi contraints de ménager un certain nombre d’intérêts économiques pour ne pas creuser le chômage : cela s’appelle gouverner" a-t-il dit. Pourquoi ne pas l'avoir réprimander ?
- Pendant la campagne des Présidentielles, vous avez déclaré vouloir "liquider l'héritage de mai 68". Qu'allez-vous prendre comme sanction à l'encontre des jeunes de l'UMP qui comptent fêter, le 1er mai aux Buttes Chaumont, semble-t-il, le quarantième anniversaire de mai 68 ?
Après une telle série de questions, les compétiteurs seront difficiles à départager. La victoire ne tiendra qu'à quelques détails d'élocution et de présentation. Et que le meilleur gagne...
Le sang a coulé à Lhassa, la capitale du Tibet: dix morts officiellement, cent selon les Tibétains en exil. A quelques mois des Jeux olympiques de Pékin, le Tibet et à travers lui la question des droits de l'homme, se trouvent propulsés à la "une" des journaux du monde entier -sauf en Chine où c'est la réélection du président Hu Jintao qui fait les gros titres, les événements de Lhassa étant minimisés.
Que se passe-t-il au Tibet? Pourquoi ce mouvement? Quelles conséquences aura-t-il sur les JO? Etat des lieux en quatre questions.
Un peu d'histoire. Le Tibet est-il "chinois"? Pour le gouvernement chinois, évidemment, l'affaire est entendue: le Tibet est rattaché à l'empire chinois depuis la dynastie des Yuan au XIII° siècle, et, physiquement depuis la "réunification pacifique" de 1950 à la République populaire décrétée par Mao Zedong l'année précédente. Il existe même, à Lhassa, un magnifique musée moderne dont le seul but est d'accréditer cette thèse.
Du point de vue tibétain, et tout simplement historique, l'affaire est plus complexe. Le Tibet a été lui-même un empire puissant au VII° siècle, qui a connu des relations fluctuantes avec son immense voisin chinois. Les deux empires ont même entretenu des relations diplomatiques, ce qui ne fait pas du Tibet un vassal. De plus, à certaines époques, Lhassa a pu avoir l'ascendant spirituel, et Pékin l'ascendant politique et militaire.
L'histoire moderne est tout aussi ambiguë. Au début du XX° siècle, le Tibet avait pris le large, et vivait reclus dans ses montagnes himalayennes, sous une implacable théocratie qui pratiquait le servage et l'obscurantisme. Mais ce Tibet avait beau être détaché de la Chine, il n'était pas reconnu par le reste du monde comme un Etat indépendant, ce qui explique qu'aujourd'hui, aucun pays ne soutienne le principe d'une indépendance tibétaine.
En 1950, l'armée de Mao monta à l'assaut du Tibet, mais aussi du Xinjiang, cette autre "marche" de l'empire, à l'ouest, dont l'histoire est aussi faite de liens historiques ambivalents. La "réunification pacifique" fut une conquête militaire particulièrement facile, opposant l'armée communiste d'un véritable Etat, à un royaume ermite dont la première action de défense fut de doubler le temps de prière dans les monastères (selon le formidable témoignage de Robert Ford, un opérateur radio travaillant pour le gouvernement de Lhassa, et qui fut capturé par l'armée chinoise).
Ce retour du Tibet à cette "mère patrie" inflexible, s'accompagna d'une promesse d'autonomie: aujourd'hui encore, la province s'appelle "région autonome du Tibet", ne recouvrant d'ailleurs qu'une partie du Tibet historique, à cheval sur le Sichuan, le Yunnan et le Qinghai actuels. Le Traité de 1951 signé par le dalai lama souligne en préambule que "le peuple tibétain a une longue histoire dans le cadre des frontières de la Chine", pour ajouter aussitôt que:
"Le peuple tibétain doit s'unir et expulser du Tibet les forces impérialistes agressives. Le peuple tibétain rejoindra la grande famille de la patrie: la République populaire de Chine. (...) le peuple tibétain jouira de l'autonomie régionale sous la direction du gouvernement central du peuple. (...) Les autorités centrales ne modifieront pas le régime politique du Tibet. Elles ne changeront rien à la situation, aux fonctions et aux pouvoirs du dalaï lama".
En 1959, toutefois, le XIV° dalai lama, "réincarnation" d'une longue lignée de souverains tibétains, estima que Pékin ne respectait pas cette autonomie promise, et s'enfuit en Inde où il se trouve toujours 49 ans plus tard. Depuis, Pékin a pris le contrôle absolu du Tibet.
Libération, ou occupation? Si on écoute Pékin, la Chine a libéré le Tibet du servage et de l'oppression théocratique, et a apporté la modernité. Pas entièrement faux, évidemment, vu le poids économique des monastères dans l'ancien régime, l'état de servage de la paysannerie, et l'absence d'institutions modernes. La Chine a beau jeu de montrer aujourd'hui des écoles, des réseaux de télécoms, et même une salle de bourse à Lhassa, symboles de la modernité chinoise d'aujourd'hui.
Les Tibétains ne nient pas cette évolution, et le dalaï lama, de son exil indien, ne réclame pas l'indépendance, soulignant que le Tibet misérable n'aurait guère les moyens de son développement sans le soutien de Pékin... Mais ce qui est en jeu aujourd'hui, c'est aussi la survie de la culture et de l'identité tibétaines dans un monde chinois qui agit comme un rouleau compresseur. A la fois par la contrainte, mais aussi par le pouvoir de l'argent, qui corrompt sur son passage des pans entiers de la société tibétaine, autrefois traditionnaliste et puritaine, contaminée, à l'image du reste de la Chine, par le matérialisme le plus cru.
La culture tibétaine est aujourd'hui menacée de reste l'apanage de la religion et de traditions folklorisées à destination du tourisme, tant chinois qu'international. Car ce n'est pas le moindre paradoxe de cette situation que le Tibet est une destination prisée des touristes chinois en quête d'exotisme et, parfois, de spiritualité.
C'est aussi la destination des affairistes, dont l'arrivée au Tibet est désormais facilitée par la construction du premier chemin de fer entre le Qinghai et Lhassa, un tour de force dans cette région montagneuse et sismique, mais une nouvelle menace sur le fragile écosystème tibétain. Avec seulement 2,5 millions de Tibétains dans la région dite autonome, le risque de déséquilibre démographique est évident, avec cette seule réserve que les immigrants chinois Han détestent l'altitude et ne viennent pas au Tibet pour y faire leur vie...
Cette normalisation s'accompagne d'une prise de contrôle sans cesse plus étroite du clergé bouddhiste, dans la perspective de la disparition dans les prochaines années de l'actuel dalaï lama, qui est agé de 72 ans et a eu quelques problèmes de santé. Pékin a montré sa volonté de contrôler la nomination des dignitaires bouddhistes avec l'affaire de la "réincarnation" du X° panchen lama, le deuxième personnage du bouddhisme tibétain. Lorsque, en 1995, le dalaï lama a personnellement confirmé un enfant, Guendun Tcheukyi Nyima, comme XI° panchen lama, les autorités chinoises l'ont arrêté, et nul ne l'a plus jamais revu. Il est le plus jeune prisonnier politique au monde.
A sa place, Pékin a fait choisir un autre enfant tibétain, Gyantsen Norpo, comme panchen lama à sa place, manipulant ainsi un processus de désignation interne au bouddhisme tibétain. Reconnu par le gouvernement central, il a droit à tous les honneurs, et Pékin tente de l'imposer aux Tibétains. Tout porte à croire qu'à la mort du dalaï lama, il agira de la sorte pour brouiller les pistes, et imposer un homme de son choix comme chef spirituel des Tibétains, et enterrer à jamais l'autonomie spirituelle et politique des Tibétains.
Qui manifeste à Lhassa? La période a débuté avec des manifestations de Tibétains en exil, en Inde et au Népal, pour commémorer comme chaque année l'anniversaire de la fuite du dalaï lama. Puis, ce dernier a prononcé un grand discours, lundi dernier, jour anniversaire de sa fuite 49 ans plus tôt, dans lequel il a haussé le ton vis-à-vis de Pékin. Il a accusé la Chine de mener au Tibet une "répression continue", et de se livrer à "des violations énormes et inimaginables des droits de l'homme".
"La clique
du dalaï lama"
L'agence officielle Chine nouvelle a rompu son silence samedi, confirmant qu'il y a eu "plusieurs victimes" vendredi à Lhassa et dans d'autre villes du Tibet. Selon le China daily, il y aurait dix morts.
Mais le gouvernement tibétain en exil parle pour sa part de "cent morts", citant un chiffre "non confirmé" Pour Lhassa, ces émeutes sont "préméditées, planifiées et organisées par la clique du dalaï lama". L'agence cite un témoin faisant état d'attaques contre des Chinois Han par de jeunes émeutiers tibétains, et parle d'importantes destructions dans la ville. La loi martiale aurait été décrétée au Tibet et les autorités ont lancé à la télévision un appel aux "émeutiers" à "se rendre", promettant la clémence à ceux qui le feraient.
Tenzing Gyatso, 72 ans, XIV° dalaï-lama et Prix Nobel de la paix 1989, se sent sans doute en mesure de parler plus fort en raison de la conjoncture politique et diplomatique. Il y a quelques mois, il était reçu par George Bush à la Maison Blanche, et par Angela Merkel à Berlin, au grand dam de Pékin. C'était une grande première, car recevoir le dalaï lama, c'est agiter le chiffon rouge en face de Pékin. De surcroit, l'approche des JO de Pékin, en août, ouvre une fenêtre d'opportunité pour se faire entendre sur la scène internationale, et peser sur un débat qu'on sent monter sur les droits de l'homme en Chine et la grand' messe du Parti à l'occasion de cette manifestation sportive.
Evenement concerté ou pas, l'appel du dalaï lama a été suivi de manifestations de moines bouddhistes à Lhassa et dans plusieurs monastères tibétains, réprimées dans le sang par les forces de l'ordre chinoises. On parle de victimes et les témoignages (notamment sur la BBC) parlent d'au moins deux morts. Cela fait des années que des événements aussi graves ne se sont pas produits au Tibet.
Quelles conséquences? Il est clair que ces événements vont peser sur le climat des Jeux olympiques. Le Tibet bénéficie d'une caisse de résonnance puissante aux Etats-Unis, et en particulier à Hollywood. On a vu la manière dont Steven Spielberg a été contraint de se retirer de l'organisation de la cérémonie d'ouverture des JO à cause du rôle de la Chine au Soudan et au Darfour. On imagine l'agitation des mêmes milieux sur le Tibet.
Il y a quelques jours, aussi, la chanteuse islandaise Bjork avait fait scandale en Chine en réclamant la liberté pour le Tibet à l'issue d'un concert à Shanghaï. De quoi faire sérieusement paniquer les autorités chinoises sur l'ampleur des manifestations incontrôlées qui pourraient avoir lieu pendant cette année de tous les dangers olympiques.
Sur le plan diplomatique, tout dépendra de l'ampleur des événements du Tibet. Si Pékin parvient à remettre rapidement le couvercle, les grandes capitales protesteront tout en exprimant un lâche soupir de soulagement de ne pas avoir à agir. Si la situation s'aggrave et prend des proportions "birmanes", il sera difficile de rester les bras croisés. Tout en voyant très mal quoi faire face à un membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU, puissance économique qui attire les convoitises, et au poids politique croissant sur la planète.
Dans cette belle mécanique planétaire qui avançait vers cette échéance des JO, le petit grain de sable tibétain s'est glissé dans les rouages.
► Mis à jour le 15/03/2008 à 09h17. Réactualisé avec le nombre de victimes et le communiqué officiel chinois.
Les trois dernières semaines ont été le théâtre d'un drame que le Tibet n'avait pas connu depuis les émeutes de 1989, qui avaient coûté la vie à 200 Tibétains et conduit à l'imposition de la loi martiale pendant des mois. Comme cela a été le cas il y a quelques jours, le gouvernement chinois avait alors nié avoir ouvert le feu sur les manifestants. Il aura fallu, quelques mois plus tard, que le sang de Tiananmen parle rétrospectivement pour témoigner de celui qui avait été versé à Lhassa.
L'anniversaire du 10 mars 1959 - jour où les Tibétains se sont soulevés pour protester contre l'invasion de leur pays par la Chine communiste - est toujours un moment de tension sur le toit du monde. Les autorités se tiennent sur le qui-vive et limitent le nombre des touristes étrangers autorisés à y séjourner. Mais cette année, plusieurs facteurs se sont conjugués pour aggraver encore cette tension. Outre la proximité des JO, il y a le chômage accru des Tibétains, pénalisés depuis 2007 par l'afflux de travailleurs chinois arrivant par le train qui relie désormais la Chine au Tibet. Mais aussi le ressentiment créé par l'intensification de la sédentarisation forcée des nomades, que l'on oblige à habiter des maisons achetées à crédit, ce qui les endette pour des dizaines d'années ; la surexploitation des ressources minières du Tibet, effectuée presque exclusivement par des immigrants chinois ; et le renforcement récent des séances obligatoires de « rééducation patriotique » dans les monastères.
Tout a donc commencé au matin de l'anniversaire du 10 mars, quand un homme s'est promené au coeur de Lhassa en arborant un drapeau tibétain et en criant « Tibet libre ! » Il a bientôt été rejoint par quelques moines du monastère de Drepung, tous rudement maîtrisés et emmenés par la police, ce qui a poussé la population de Lhassa à descendre dans les rues. Ces manifestations ont pris de l'ampleur le 14 mars, et on s'est étonné que dans le Barkhor, le centre tibétain de Lhassa (peuplée à 80 % de Chinois), la police ait peu réagi lorsque les Tibétains ont commencé à brûler des boutiques et des restaurants appartenant à des Chinois, commettant des actes de violence regrettables, mais révélateurs d'une exaspération qu'ils ne pouvaient plus contenir. Dix mille policiers étaient pourtant stationnés au pied du Potala, prêts à intervenir ; et l'on sait que la police chinoise n'a pas pour habitude de prendre des gants avec la population tibétaine, qu'elle traite généralement avec la plus grande brutalité. Le même processus s'étant produit en 1989, les observateurs avertis soupçonnent, par conséquent, que les autorités chinoises, loin d'être débordées ou indécises, ont laissé les manifestations prendre de l'ampleur afin de justifier la répression particulièrement sévère qui a suivi.
Les images diffusées par la télévision chinoise et celles rapportées par les quelques observateurs étrangers qui furent rapidement expulsés ont toutes été prises dans ce quartier du Barkhor. Mais au même moment, loin des caméras, dans les quartiers périphériques de Drapchi et de Karma Gonsar, la police tirait sur la foule, faisant une centaine de victimes.
Les informations, qui ont permis d'établir ensuite le lourd bilan de 150 morts, proviennent toutes de Tibétains qui, passant outre aux dangers auxquels ils s'exposent, ont continué à téléphoner à des parents ou à des amis au Népal et en Inde pour les informer du décès de leurs proches. Ils n'appelaient pas pour faire passer un message de propagande, mais pour mettre leur famille au courant des drames qui se jouaient et demander que des prières soient dites dans les monastères en mémoire de leurs morts. La fiabilité de ces témoignages directs ne saurait donc être suspectée.
A partir du 16 mars, des arrestations systématiques ont également été opérées, rue par rue, maison par maison, et on estime leur nombre à 2 000 ou 3 000 dans la seule ville de Lhassa. Pour prendre un exemple, un ami tibétain qui vit à Katmandou, tailleur de profession, a reçu des nouvelles par téléphone annonçant que six membres de sa famille avaient été arrêtés, dont une mère célibataire de 35 ans. Toutes ces personnes ont été emmenées vers des destinations inconnues, et n'ont donné aucune nouvelle depuis.
Fait inusuel, on a appris en outre que des soulèvements se sont produits dans toutes les régions tibétaines intégrées aux provinces chinoises du Sichuan, du Qinghaï et du Gansu. Ainsi, le 2 avril, dans la ville de Kartzè, une sous-préfecture de l'est du « grand Tibet », la police a investi par la force le monastère de Tongkhor, a détruit et piétiné des photos du dalaï-lama, puis ordonné aux moines de le dénoncer publiquement. Comme ils refusaient, un vieux moine de 74 ans et un laïque ont été arrêtés. Le lendemain, 700 personnes, dont 350 moines, se sont rassemblées devant le siège du gouvernement local pour demander leur libération. La police a alors intimé à la foule de se disperser, en vain, puis a ouvert le feu, tuant quinze manifestants, dont six femmes, un enfant et trois moines. Interrogé peu après par le département cantonais de Radio Free Asia, un officiel a pourtant déclaré : « Qui a dit qu'il y avait des troubles ? Qui a dit que les moines avaient quitté leur monastère ? Ce sont des mensonges. Tout va bien. »
Quelques jours auparavant, après des manifestations similaires dans la province d'Aba, également au Sichuan, les moines du monastère de Kirti avaient pu récupérer les corps d'une quinzaine de Tibétains tués par balle. Ce sont les clichés de ces cadavres qui ont été envoyés par téléphone portable et qui ont circulé dans le monde entier, s'ajoutant aux images de la police et de l'armée investissant dès le 15 mars le centre de Lhassa, tandis que des chars prenaient position aux carrefours. Aujourd'hui, le couvre-feu règne dans la capitale tibétaine et les habitants doivent obtenir un laissez-passer pour aller faire leurs courses. Le trafic routier public est interrompu entre Lhassa et la frontière népalaise, et seuls des véhicules militaires et gouvernementaux circulent. Pour la première fois depuis des années, pas un seul Tibétain n'a réussi depuis le 15 mars à se réfugier au Népal, alors que d'ordinaire, il en arrive plus d'une centaine chaque mois.
Face à tout cela, le gouvernement chinois n'a opposé qu'un seul type de déclaration : la dénonciation d'« une conspiration politique manigancée par le dalaï-lama et sa clique pour diviser la mère patrie et saboter la vie paisible et harmonieuse dont toutes les ethnies jouissent au Tibet ». Récemment, sur une station de radio française, un porte-parole du gouvernement chinois à Pékin s'est expliqué sur la nature des « preuves formelles » qui autorisent le Premier ministre Wen Jiabao à proclamer que le dalaï-lama serait l'organisateur des récentes manifestations et violences. S'agissait-il d'écoutes téléphoniques, de documents interceptés ? Ce représentant a répondu : « Bien sûr que nous avons des preuves : les manifestations et les violences ont eu lieu en même temps dans diverses régions du Tibet et étaient toutes de même nature. Cela démontre qu'elles ont été organisées par le dalaï-lama. »
Six millions de Tibétains savent pourtant que le 10 mars est l'anniversaire du soulèvement de 1959 et n'ont aucun besoin du dalaï-lama pour le leur rappeler. L'inanité de ce type de « preuve » laisse donc pantois, surtout lorsqu'on sait que le dalaï-lama a demandé à plusieurs reprises à rencontrer le président Hu Jintao pour trouver un terrain d'entente sur la question du Tibet ; qu'il a répété - des centaines de fois - qu'il renonçait à l'indépendance en faveur d'une autonomie au sein de laquelle les Tibétains pourraient préserver pacifiquement leur culture, leur langue et leurs traditions ; et qu'il est allé jusqu'à menacer son peuple de démissionner de ses fonctions si les Tibétains continuaient à faire usage d'une violence excessive.
Sa position est très claire : le gouvernement tibétain en exil est une démocratie et chacun est libre de ses opinions. Le dalaï-lama continuera à être le porte-parole de son peuple aussi longtemps que l'approche du dialogue et de la non-violence prévaudra. Mais s'il advenait qu'une majorité de Tibétains en vienne à préférer la violence, il n'aurait alors pas d'autre choix que de se retirer. Le 29 mars - alors que les dirigeants chinois continuaient à le traiter de « serpent déguisé en moine qui ne cherche qu'à diviser la mère patrie » -, il lançait d'ailleurs ce nouvel appel : « Frères et soeurs chinois, je vous demande instamment d'aider à dissiper les malentendus qui règnent entre nos deux communautés. Je fais aussi appel à vous afin que, par le dialogue, vous nous aidiez à trouver une solution pacifique et durable au problème du Tibet, dans un esprit de compréhension et de conciliation. » Faut-il absolument que la violence continue pour qu'il soit entendu ? Faisons en sorte en tout cas que les Tibétains qui viennent de sacrifier leur vie pour attirer les regards du monde ne soient pas morts en vain.
L'action la plus constructive pourrait consister à faire savoir aux dirigeants chinois que les chefs d'Etat et les athlètes des pays démocratiques ne participeront à la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques que si le président chinois accepte de rencontrer le dalaï-lama. Mais il importe que cette rencontre et leur dialogue aient lieu avant les Jeux, car une fois la fête terminée, le gouvernement chinois sera de nouveau imperméable à toute forme de pression.
La Chine semble avoir quatre préoccupations majeures : son unité, sa stabilité, sa prospérité et son image. Sa prospérité ne cesse de croître. Son unité et sa stabilité sont maintenues par la force. Son image est désastreuse. La meilleure façon de maintenir unité et stabilité ainsi que d'améliorer une réputation internationale plus que douteuse ne consisterait-elle pas à reconnaître les aspirations légitimes d'un peuple qu'elle opprime depuis cinquante ans ? Loin de faire « perdre la face » aux dirigeants chinois, un dialogue avec le dalaï-lama serait applaudi par le monde entier comme un geste d'ouverture digne de l'esprit des Jeux olympiques.